1. Ton parcours motard ?

 

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé la moto.

J’habitais la campagne parisienne quand mon grand-père m’a donné une Motobécane orange. Je n’avais donc pas plus de 8-10 ans quand je faisais mes premiers tours de roues dans les champs. Puis j’ai eu un PX 50… très moche. J’ai aussi roulé avec la Yamaha DT 50 MX de ma sœur.

Le deux-roues, c’est finalement une histoire de famille. Ce n’est que bien plus tard que j’ai appris que mon grand-père avait son permis moto (et pas le permis auto) car je ne l’ai jamais vu que sur des petits deux-roues (mob, 125…). Mon père aussi a tous les permis, mais il ne s’est remis à la moto qu’une fois que je suis moi-même devenu motard en gros cube. Est ce que l’influence transpirait quand même ? Je ne sais pas. Mais mon souvenir, c’est qu’avant l’âge d’en avoir le droit, je roulais régulièrement sur des deux-roues motorisés (à la campagne, il y a fort longtemps…), notamment pour entraîner mon père qui faisait de la compétition vélo. Et puis j’ai eu 14 ans !

Donc la liberté… et je commençais à être déjà bien infecté par le virus car tout était prétexte pour faire un tour avec la Yamaha DT50.

Tous les mercredis, je partais chez mes grands-parents en passant par la forêt et routes, soit 100 km aller-retour. J’ai eu aussi un 125 TS de Suzuki avant la majorité.

En 1990, à 18 ans, j’ai passé mon permis voiture parce que c’est important et utile, mais j’ai enchaîné directement le permis moto ! Je l’ai obtenu après dix heures de leçons car ce n’était pas obligatoire d’effectuer les 20 heures minimum à cette époque.

Mon père avait retapé un GPZ 750 ZX de 1983 : aussi souvent qu’il ne l’utilisait pas, j’étais dessus. A défaut, je continuais d’utiliser une 125 SR. Quoi qu’il arrive, je roulais tous les jours avec ces deux machines durant cinq ou six ans.

Puis j’ai eu un ZXR 750 de 1993 durant trois ans. J’ai eu l’occasion de rouler sur le circuit Carole et j’admets que j’avais le goût de la vitesse. Un peu trop sans doute. Je me suis d’ailleurs demandé s’il ne fallait pas que j’arrête de rouler sur la route. J’ai essayé de me ranger… dans une Clio, mais même la 125 me faisait alors envie et la Clio restait au garage ! L’appel du guidon était plus fort.

J’ai cherché une moto plus « pépère ». J’ai choisi un R100R de 1993 chez BMW… très moche… violette. J’essayais vraiment de soigner mon addiction à la moto ! Elle n’avançait pas, elle n’avait pas de frein moteur… pfff, sa seule qualité était d’avoir des valises ! Avec elle, j’ai découvert le plaisir de n’avoir plus de sac sur le dos. Je ne l’ai pas gardée un an…

Puis j’ai eu un R60/5 de 73 (l’arrière grand-mère de la R100R, mais avec beaucoup plus de caractère). Cette moto à kick avec le compteur dans le phare était très vivante et attachante. Même si elle ne roulait pas si vite, elle procurait beaucoup de sensations. Mais il fallait être très attentif à son entretien comme c’est souvent le cas avec les machines anciennes. Avec elle, j’ai eu aussi l’occasion d’une expérience très particulière dans l’univers de la moto : le side-car !

Rouler avec ce poids mort sur le côté, dépourvu de frein, était une vraie gageure. Il m’a fallu au moins 3.000 km pour m’habituer à ses us et coutumes. Tout le comportement de la machine s’en trouve perturbé : accélération, freinage, virage… Il faut réapprendre à conduire autrement. J’ai réussi à convaincre ma femme (qui ne l’était pas à l’époque) de m’accompagner en vacances de Paris à Annecy, puis Aix les Bains, Gap , Chamonix… et retour, le tout en camping. Mais c’était sans compter un été particulièrement pourri : même dans le side, elle était en vêtements d’hiver… pas de quoi la rallier à la cause de la moto !

Puis nous sommes allés habiter à Grenoble et avec l’arrivée de nos trois enfants, j’ai forcément fait moins de moto : seulement pour aller travailler quand nous n’étions pas sous la neige.

Au bout de 11 ans de bons et loyaux services, cette machine déjà ancienne méritait de prendre sa retraite. Comme je cherchais sa remplaçante, une moto qui me donne des sensations sans être brûle-permis, un copain m’a convaincu d’essayer une Harley-Davidson. La Road King avec sacoches était jolie, mais pas aussi amusante à conduire que le Fat Bob que j’ai choisi, c’était en 2012.

Bien que mes enfants soient montés sur la BMW (avec ou sans panier), à l’arrivée de la Harley, ma femme ayant peur de l’accident a opposé un veto afin probablement de les éloigner du virus moto. Et finalement, en arrivant à Bordeaux, ils n’ont été autorisés à y poser leurs fesses que pour de courts trajets et seulement pour une question logistique (patinoire-maison), par nécessité.

Des blagues en moto. Évidemment !

A mes tous débuts, avec le GPZ, je démarre sur une route pleine de boue à cause de travaux. Je le dis « il me semble que ce serait plus prudent de ralentir, vu le revêtement ». Je freine… avec le frein avant : je me retrouve le nez par terre avec quelques petites réparations à faire.

Une autre fois, j’étais à la fac’, j’avais l’habitude de remonter les files de voitures, mais cette fois, je reste sagement dans la file de voitures. Évidemment, ça ne roulait pas vite du tout. Comme je me méfie, je jette un œil dans mon rétro pour m’assurer que personne ne vienne m’emboutir (qu’on m’a bien vu). Mais pendant cette poignée de secondes, ça pile devant moi ! Je dois freiner fort sur une route bosselée, je finis donc par terre… avec la moto en panne, cette fois !

Toujours avec ma première machine gros cube (le GPZ), je roule avec des pneus pour usage sur circuit (moto achetée comme ça), ils sont plus larges à l’arrière et gomme ultra tendre. Mais quand je repasse à des pneus d’origine, sur route mouillée, dans une courbe, je découvre un comportement de ma machine inédit : elle décroche d’un coup ! Cette fois, c’est plus sérieux : fracture du genou, luxation de l’épaule.

Surtout je suis perplexe parce que cette fois, je roulais pas vite du tout, bien moins que d’habitude.

Mes meilleurs souvenirs moto ?

Avec la ZXR, une petite semaine en Angleterre avec un passager. Bon, ça limite les bagages et même s’il est très difficile de se garer à Londres où on ne peut pas se mettre sur un trottoir et qu’il faut sans cesse se souvenir tout ce que la conduite à gauche perturbe nos habitudes, c’était un chouette voyage.

Mais le meilleur, c’est ces 3.000 km en trois semaines en camping avec Madame et ce, même si l’amortisseur du side a lâché en montant le col du Galibier en cours de route. Et malgré les conditions climatiques exécrables, ce voyage est le seul vrai périple à moto que j’ai fait.

De plus, ce fut une des rares fois où j’ai pu partager ma passion avec mon épouse et pour quitter la région parisienne en prime (prospection avant ma mutation) !

Dans mes rêves, je voyage en moto, je découvre notre planète. D’abord l’Europe, mais aussi l’Amérique du Sud en priorité… et si c’était avec ma femme, alors là…

 

2. Pourquoi es-tu venu à la CASIM ?

 

Quand j’étais dans le Vercors, j’avais entendu parler par des amis motards des journées de perfectionnement avec les gendarmes. Mais je n’ai jamais pu y participer.

Arrivé depuis un an seulement en Gironde, je me suis demandé s’il y en avait aussi ici. En fouillant sur le Net, j’ai trouvé le site web de cette asso’

( http://c33.casim-france.fr/ ).

Depuis ma blessure au genou, j’ai été contraint de choisir une moto avec commandes avancées (une des principales raisons de mon immersion dans le monde HD). Mais c’est aussi une autre façon de conduire, avec des appuis en moins pratiquement, et du coup, pas toujours l’impression de maîtriser ou piloter correctement. De plus, je suis passé de la campagne au monde urbain… Je suis venu à la CASIM parce que je pensais pouvoir acquérir quelques astuces pour mieux négocier les virages, entre autres.

 

3. Que t’a-t-elle apporté?

 

Premièrement, la bonne humeur : c’est ce qui se dégage de cette association, de ses bénévoles, des CASIMirs et j’en suis enchanté.

Concernant le pilotage moto, ça m’a permis de reprendre les bases (d’autant que mon apprentissage s’est limité à apprendre les parcours rapides et lents du plateau).

L’enseignement de la CASIM m’a permis de trouver des réponses à beaucoup de questionnements sur le pilotage. La plus importante pour moi fut la décontraction et le positionnement des avant-bras et des poignets, avec effet immédiat lors de l’application de la correction !

Mais il y a plein de petites choses auxquelles on ne pense pas, que les exercices des Casimirs nous permettent d’attirer notre attention sur leur importance ou tout bêtement de découvrir.

C’est donc un enseignement qui je pense est profitable à tous, à la fois aux débutants qui ont encore pas mal de choses à découvrir comme aux moins débutants qui ont soit pas tout appris, soit mal appris, soit tout oublié… ou encore pris ou appris plein de défauts !!

 

4. Pourquoi te ré-inscrire ?

 

Je n’en suis pas encore là, mais je peux donner la réponse en avance.

Avant que le pilotage parfait devienne automatique, de l’ordre de l’inconscient, il va s’en passer des années ou décennies ! Et donc je pense qu’il sera nécessaire de poursuivre les bons conseils des grands chefs CASIMIRS pour continuer à m’améliorer.

Et puis, qu’est-ce que je m’amuse sur chaque journée CASIM !!! Donc mis à part le fait qu’il n’y ait pas assez de place pour accueillir de jeunes pilotes ayant besoin de formation, je rempilerai.

 

5. Et ta passagère ?

 

Et bien, comment dire… Elle n’est pas encore encline à suivre son beau chevalier sur mon beau cheval mécanique. Je la joue donc en solo.

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